Ce que les psychédéliques font à notre idée du réel
Les psychédéliques ne révèlent peut-être pas le réel : ils montrent combien notre expérience ordinaire en est déjà une construction.
Nous croyons généralement savoir ce que signifie le mot réel.
Le réel, ce serait ce qui demeure lorsque nos impressions se dissipent. Ce qui existe indépendamment de nous. Ce qui résiste à nos désirs, à nos croyances, à nos rêves. Une table reste une table, que nous la regardions ou non. Une pierre ne cesse pas d’exister lorsque nous fermons les yeux. Le monde serait donc là, stable, extérieur, attendant simplement d’être perçu.
Cette conception paraît évidente.
Elle l’est beaucoup moins après une expérience psychédélique.
Car les psychédéliques ne se contentent pas d’ajouter des couleurs, des visions ou des sensations inhabituelles à la réalité ordinaire. Dans leurs formes les plus profondes, ils modifient les conditions mêmes à partir desquelles quelque chose nous apparaît comme réel.
Ils peuvent dissoudre le sentiment d’être un sujet séparé. Déformer le temps jusqu’à le faire disparaître. Effacer la frontière entre le corps et le monde. Donner à une vision intérieure une intensité de présence supérieure à celle de l’expérience quotidienne.
Ce qu’ils perturbent n’est pas seulement le contenu de la conscience.
Ils perturbent son architecture.
Et, ce faisant, ils nous obligent à reconsidérer une question que nous pensions réglée : sur quoi repose exactement notre certitude d’habiter le réel ?
Le monde que nous percevons est déjà une construction
Notre expérience ordinaire nous présente le monde sous la forme d’objets solides, séparés et relativement stables.
Ici, mon corps. Là, la pièce. Plus loin, les autres.
Le temps se déroule dans une seule direction. L’espace contient des choses. Le moi semble occuper un point précis derrière les yeux, depuis lequel il observe le reste du monde.
Nous habitons cette structure depuis si longtemps qu’elle nous paraît naturelle.
Pourtant, la neuroscience contemporaine suggère que la perception n’est pas une réception passive du monde extérieur. Le cerveau ne se contente pas d’enregistrer ce qui est là. Il sélectionne, anticipe, complète et interprète les signaux sensoriels. Il construit en permanence une représentation suffisamment stable pour permettre l’action.
Nous n’accédons donc pas au monde brut.
Nous accédons à une version organisée du monde.
Le neuroscientifique Anil Seth décrit volontiers la perception comme une forme d’« hallucination contrôlée ». La formule peut sembler provocatrice, mais elle ne signifie pas que rien n’existe. Elle signifie que ce que nous vivons comme le monde résulte d’une rencontre entre quelque chose qui nous affecte et un système perceptif qui lui donne forme.
La réalité vécue est donc déjà une interprétation, une "hallucination contrôlée".
Les psychédéliques rendent visible ce travail d’interprétation en modifiant ses règles.
Lorsque le moi cesse d’être le centre
L’un des effets les plus connus des psychédéliques est la dissolution de l’ego.
Le terme est parfois compris comme une disparition de l’orgueil ou de la personnalité. Mais il désigne ici quelque chose de plus radical : la disparition temporaire du sentiment d’être une entité séparée, située quelque part dans le corps et propriétaire de l’expérience.
Il peut encore y avoir des couleurs, des sons, des pensées, une présence. Mais il n’y a plus clairement quelqu’un à qui tout cela arrive.
Cette possibilité est philosophiquement vertigineuse.
Nous associons spontanément la conscience à un sujet. Pour qu’une expérience existe, pensons-nous, il faut bien qu’un moi l’éprouve.
Or les états psychédéliques suggèrent que le sentiment d’être un moi pourrait lui-même être un élément de l’expérience, et non sa condition première.
Le moi ne serait pas le contenant de la conscience.
Il serait une construction à l’intérieur d’elle.
Une construction extraordinairement utile, bien sûr. Elle permet de protéger le corps, d’anticiper l’avenir, de raconter une histoire personnelle, de prendre des décisions et de coordonner nos actions.
Mais une construction tout de même.
Lorsque cette structure se relâche, la conscience ne s’éteint pas nécessairement. Elle peut au contraire sembler s’élargir.
Ce qui disparaît n’est pas l’expérience.
C’est la frontière qui organisait l’expérience autour d’un centre personnel.
Plus réel que le réel
Il existe dans certains états psychédéliques une qualité particulièrement troublante pour qui la vit : l’hyperréalité.
La personne ne se dit pas simplement qu’elle imagine quelque chose.
Elle éprouve que ce qu’elle rencontre est plus réel que le monde ordinaire.
Cette conviction peut accompagner une expérience d’unité, une présence, une vision symbolique, un espace géométrique ou la rencontre d’une entité.
Au retour, les mots employés sont souvent les mêmes : ce n’était pas un rêve, ce n’était pas une fantaisie, c’était plus réel qu’ici.
Mais que signifie exactement cette sensation ?
Une première interprétation consiste à penser que l’expérience paraît plus réelle parce qu’elle donne accès à un niveau plus profond de la réalité.
C’est possible.
Mais une autre interprétation doit être envisagée : le sentiment de réalité pourrait être lui-même produit ou modulé par notre système perceptif.
Nous savons déjà que toutes nos perceptions ne possèdent pas le même degré d’évidence.
Un souvenir peut sembler lointain. Une pensée peut être reconnue comme intérieure. Un rêve peut être vécu comme réel pendant qu’il se déroule, puis perdre cette qualité au réveil.
À l’inverse, une hallucination, une conviction délirante ou une vision psychédélique peut être accompagnée d’un sentiment de certitude absolue.
La réalité n’est donc pas seulement un contenu.
Elle est aussi une tonalité de l’expérience.
Quelque chose nous apparaît, et cette apparition est accompagnée d’une étiquette silencieuse : ceci est réel.
Les psychédéliques peuvent déplacer cette étiquette.
Ils montrent ainsi que le sentiment de réalité n’est pas une garantie infaillible sur la nature de ce qui est perçu.
Mais ils révèlent en même temps que notre réalité quotidienne repose elle aussi sur ce type de confiance construite.
Nous ne passons pas notre temps à vérifier si le monde existe.
Nous l’éprouvons comme existant.
Nous sommes déjà chimiquement modifiés
Une objection fréquente consiste à distinguer clairement deux situations.
Dans la vie ordinaire, nous percevrions le réel tel qu’il est.
Sous psychédéliques, nous serions sous l’influence d’une substance qui déforme ce réel.
La distinction est utile, mais elle devient trompeuse si elle oppose un état chimiquement modifié à un état qui ne le serait pas.
Notre conscience ordinaire dépend déjà d’une activité chimique permanente.
Sérotonine, dopamine, noradrénaline, glutamate et de nombreux autres neuromodulateurs participent à la manière dont nous percevons, ressentons et interprétons le monde.
La psilocybine ne transforme pas un cerveau neutre en cerveau chimique.
Elle modifie un système qui l’était déjà.
Cela ne signifie pas que tous les états se valent.
L’état ordinaire possède une stabilité remarquable. Il est partagé, reproductible et adapté à la survie. Nous pouvons nous accorder sur l’emplacement d’une porte, traverser une rue, construire un pont ou reconnaître un visage.
L'état n’est pas une absence de filtre.
Il est un filtre devenu invisible par familiarité.
Les psychédéliques ne nous font donc pas passer d’une perception pure à une perception construite.
Ils nous font passer d’un mode de construction à un autre.
Et ce changement révèle le premier.
Une expérience ne porte pas son interprétation avec elle
La difficulté commence lorsque nous voulons expliquer ce qui s’est passé.
Une personne éprouve qu’elle est devenue une avec l’univers.
Une autre rencontre une entité qui semble autonome.
Une troisième traverse un espace qu’elle décrit comme une autre dimension.
Une quatrième a le sentiment d’accéder à une mémoire qui ne lui appartient pas.
Ces expériences peuvent être extraordinaires, cohérentes et transformatrices.
Mais elles ne nous disent pas automatiquement ce qu’elles sont.
Il faut ici maintenir une distinction essentielle : prendre une expérience au sérieux ne signifie pas nécessairement la prendre au pied de la lettre.
Prendre une expérience au sérieux signifie reconnaître qu’elle a réellement été vécue.
Cela implique d’étudier sa structure, ses effets, ses corrélats cérébraux, sa fréquence, les transformations qu’elle produit et les éventuelles informations qu’elle semble contenir.
Ne pas la prendre immédiatement au pied de la lettre signifie ne pas confondre le vécu avec son explication.
Une sortie hors du corps peut être réelle comme expérience sans démontrer que la conscience s’est effectivement déplacée hors du corps. Peut-être que la conscience est partout/en tout et que c'est juste un changement de localité.
Une rencontre avec une entité peut être authentique dans le champ de l’expérience sans établir que cette entité existe indépendamment du sujet.
Une expérience d’unité peut dissoudre profondément la séparation entre soi et le monde sans constituer une preuve définitive que l’univers est une seule conscience.
L’expérience est une donnée.
L’interprétation est une hypothèse.
Toute recherche sérieuse sur la conscience devrait préserver cette différence.
Entre crédulité et réduction
Deux réflexes opposés empêchent souvent cette recherche.
Le premier est le réductionnisme.
Une personne raconte une expérience bouleversante, et nous lui répondons qu’il ne s’est rien passé d’autre qu’une activation de récepteurs ou une perturbation de réseaux neuronaux.
Cette réponse peut décrire une partie du mécanisme.
Elle ne dit presque rien de la nature du vécu.
Dire qu’un état amoureux correspond à une activité cérébrale spécifique ne suffit pas à rendre compte de l’amour.
Décrire les corrélats neuronaux de la douleur ne fait pas disparaître la douleur.
De la même manière, identifier l’action de la psilocybine sur certains récepteurs ne résume pas ce qui s’ouvre, se défait ou se réorganise dans l’expérience.
Le second réflexe est la crédulité.
Puisque l’expérience était puissante, elle serait vraie dans tous ses détails.
Puisque l’entité paraissait autonome, elle le serait nécessairement.
Puisque le sujet a vu une autre dimension, il y aurait effectivement voyagé.
Bernardo Kastrup, pourtant défenseur d’une métaphysique idéaliste, se montre lui-même très prudent face aux récits trop assurés de messages galactiques ou de révélations cosmiques. Il rappelle que l’espace psychédélique peut être aussi le domaine du trickster, de la tromperie, du jeu des apparences et de la projection.
La profondeur d’un état n’abolit ni l’erreur ni l’illusion.
Elle peut même leur donner une force accrue.
La voie de recherche se situe entre ces deux impasses.
Ne pas réduire. Ne pas croire trop vite.
Le cerveau produit-il la conscience ?
Les psychédéliques compliquent également notre compréhension du rapport entre cerveau et conscience.
L’intuition matérialiste la plus simple suppose que plus une expérience est riche, plus le cerveau devrait être globalement actif.
Or les données sont plus complexes.
Sous psychédéliques, certaines régions diminuent leur activité habituelle, notamment dans des réseaux associés à l’organisation du soi. D’autres communications apparaissent. La dynamique cérébrale devient plus diverse, moins contrainte ou moins hiérarchisée.
L'activité cérébrale ne se mesure pas sur une seule échelle. Une réduction localisée peut s’accompagner d’une augmentation de connectivité, de diversité ou d’instabilité ailleurs.
Mais ces observations suffisent à remettre en cause une image trop simple du cerveau comme générateur dont la puissance augmenterait mécaniquement avec la richesse de l’expérience.
Plusieurs modèles deviennent alors envisageables.
Le cerveau pourrait produire la conscience.
Il pourrait la structurer.
Il pourrait la contraindre.
Il pourrait agir comme un filtre.
Il pourrait encore être l’apparence extérieure d’un processus dont l’intériorité serait l’expérience consciente.
Pour Kastrup, cette dernière hypothèse est la plus cohérente. Le cerveau ne créerait pas la conscience : il serait ce que l’activité consciente donne à voir lorsqu’elle est observée de l’extérieur.
Christof Koch, l’un des neuroscientifiques les plus importants de ces dernières décennies, reste profondément engagé dans l’étude du cerveau tout en devenant de plus en plus sceptique quant à la capacité du physicalisme classique à expliquer pourquoi il existe une expérience.
Le problème demeure entier.
Nous savons relier certaines modifications cérébrales à certaines modifications de l’expérience.
Nous ne savons toujours pas pourquoi une activité physique devrait être accompagnée de sensations, de couleurs, de douleurs, de pensées ou d’un sentiment d’exister.
Le cerveau compte incontestablement, mais cela ne suffit pas encore à établir ce qu’il est, ontologiquement, par rapport à la conscience.
Ce que la mort devient lorsque l’évidence se fissure
Une fois ce doute introduit, la question de la mort change de forme.
Dans la conception matérialiste la plus simple, le cerveau produit la conscience. Lorsque le cerveau s’arrête, la conscience disparaît.
Mais si le cerveau filtre, localise ou manifeste la conscience, l’arrêt du cerveau ne signifie plus nécessairement l’anéantissement de toute expérience.
Kastrup pose alors une question provocatrice.
Si certaines diminutions ou désorganisations de l’activité cérébrale ordinaire peuvent accompagner une augmentation spectaculaire de la richesse vécue, le processus de mort pourrait-il être accompagné non d’une réduction progressive du champ conscient, mais d’une expansion ?
La question ne constitue pas une preuve.
Elle ne démontre ni la survie de la personne ni l’existence d’un au-delà.
Elle révèle simplement que l’équation « moins de fonctionnement cérébral égale nécessairement moins d’expérience » n’est peut-être pas aussi évidente que nous le pensions.
Les psychédéliques ne nous disent pas ce qu’il y a après la mort.
Par contre, ils déplacent les frontières de ce qu’il devient légitime de demander.
Le réel est peut-être plus vaste que sa version utile
Notre perception ordinaire a été façonnée pour l’action.
Elle doit nous permettre de distinguer un prédateur d’un arbre, un visage ami d’un visage hostile, un chemin praticable d’un précipice.
Elle doit être rapide, stable et suffisamment exacte. Mais ll’évolution ne sélectionne pas nécessairement une vision métaphysiquement vraie du réel.
Elle sélectionne une vision utile.
Une interface informatique ne nous montre pas les circuits électriques, les tensions ou les opérations binaires qui rendent son fonctionnement possible. Elle nous montre des dossiers, des fenêtres et des icônes parce que ces représentations sont adaptées à nos actions.
Notre monde perceptif pourrait lui aussi être une interface.
Les objets, les couleurs, l’espace et le moi seraient alors les icônes d’une réalité plus profonde dont nous ne percevons pas directement la structure.
Les psychédéliques ne nous donnent pas nécessairement accès à cette structure ultime. Ils peuvent seulement désactiver ou modifier certaines fonctions de l’interface. Mais lorsque les icônes ordinaires commencent à fondre, nous cessons de les prendre pour le réel lui-même.
Nous découvrons que la carte était devenue si familière que nous avions oublié qu’elle était une carte.
Une métaphysique produit un monde
Ce déplacement ne concerne pas seulement les laboratoires ou les philosophes.
Notre idée du réel influence notre manière de vivre.
Si le monde est composé d’objets essentiellement inertes, séparés et dépourvus d’intériorité, il devient plus facile de le considérer comme un stock de ressources.
Une forêt devient du bois. Une rivière devient un débit. Un animal devient une unité de production. Un être humain devient un mécanisme biologique optimisable.
À l’inverse, lorsqu’une expérience psychédélique efface la séparation entre le sujet et le vivant, le monde peut cesser d’apparaître comme un décor extérieur.
La personne ne se sent plus placée face à la nature.
Elle se découvre comme un mouvement de la nature.
Cette expérience ne suffit pas à démontrer une métaphysique idéaliste ou animiste.
Mais elle peut transformer profondément la relation.
Les conséquences éthiques deviennent alors immédiates : il est plus difficile d’exploiter sans limite ce dont on ne se sent plus séparé.
Cela ne signifie pas que toute personne ayant vécu une expérience d’unité devient écologiquement vertueuse. L’expérience peut être récupérée par le narcissisme, l’idéologie ou le désir de distinction.
Mais elle rend possible une autre intuition du monde : non plus un ensemble de choses mortes, mais un tissu de relations dont nous participons.
Le danger de projeter la conscience partout
Cette question prend une dimension nouvelle avec l’intelligence artificielle.
Parce que les modèles de langage parlent, raisonnent en apparence et décrivent des états intérieurs, nous sommes tentés de leur attribuer une conscience.
Mais une performance linguistique ne prouve pas l’existence d’une expérience.
Une machine peut produire la phrase « j’ai peur » sans qu’il existe nécessairement quelque chose qui éprouve la peur.
Le danger n’est pas seulement de nous tromper sur la machine.
Il est de transformer notre conception de l’humain à partir d’elle.
Nous projetons d’abord l’intériorité humaine sur l’algorithme.
Puis nous réimportons le modèle algorithmique pour nous expliquer nous-mêmes.
L’IA prédit le prochain token -> le cerveau ne ferait que prédire le prochain signal.
L’IA traite de l’information -> l’être humain ne serait qu’un processeur biologique.
L’IA simule une personnalité -> notre personnalité ne serait qu’une simulation plus sophistiquée.
À force de vouloir élever la machine au rang d’être conscient, nous risquons de réduire l’être vivant au rang de machine.
Les psychédéliques produisent un mouvement presque inverse.
Ils rappellent que l’expérience déborde les descriptions fonctionnelles que nous en faisons.
On peut expliquer ce qu’un système accomplit sans avoir expliqué pourquoi il existe quelque chose que cela fait d’être ce système.
La conscience ne se confond pas avec la performance.
Demeurer dans l’incertitude
Que font donc les psychédéliques à notre idée du réel ?
Ils ne nous livrent pas une doctrine prête à remplacer l’ancienne.
Ils ne démontrent ni que tout est matière, ni que tout est conscience.
Ils font quelque chose de plus dérangeant.
Ils retirent à notre réalité ordinaire son statut d’évidence absolue.
Ils montrent que le moi, le temps, l’espace, le corps et le sentiment de réalité peuvent être modifiés ou dissous.
Ils révèlent que notre monde vécu dépend de conditions que nous ne percevons habituellement pas.
Ils nous obligent à distinguer l’expérience de son interprétation.
Ils rendent à nouveau pensables des hypothèses que le matérialisme classique avait peut-être exclues trop rapidement.
La position la plus féconde n’est peut-être ni de croire ni de nier.
Elle consiste à apprendre à habiter la question. À accueillir ce qui se présente sans l’enfermer immédiatement dans une seule explication.
À reconnaître que la science décrit admirablement les relations entre le cerveau et l’expérience sans avoir encore résolu ce qu’est l’expérience.
À admettre que notre état ordinaire est fiable pour agir, mais peut-être insuffisant pour révéler la nature ultime du réel.
Les psychédéliques ne nous disent pas nécessairement ce que le réel est.
Ils nous montrent surtout que nous savions beaucoup moins que nous le pensions sur la manière dont il nous apparaît.